« Il y a en chacun de nous un mouvement spontané vers la connexion, la santé et la vitalité. Quels que puissent être le degré de retrait et d’isolement que nous avons atteint, et la gravité des traumatismes que nous avons subis, il y a en chacun de nous, à un niveau très profond, une force qui nous pousse vers la connexion et la guérison. Cette force qui se trouve en chacun de nous peut être comparée à celle qui est à l’oeuvre dans une plante et qui l’oriente vers le soleil.
Cette impulsion organique est l’essence même de l’approche du NARM »
Dr Laurence Heller (fondateur de l’approche NARM) et Dr Aline LaPierre
Le NARM (NeuroAffective Relational Model) est une approche psychothérapeutique qui vise à traiter les traumatismes dits « complexes », et qui sont liés à l’enfance, au développement de l’enfant et à l’attachement.
Le travail en NARM met le focus sur les schémas de déconnexion (de nous-mêmes et des autres) que nous avons mis en place tôt dans la vie afin de nous adapter à notre environnement relationnel et aux réponses inadéquates voire inexistantes de celui-ci par rapport à nos besoins. Ces schémas impactent fortement notre vie d’adulte sur les plans physiologique, émotionnel, mental, comportemental, identitaire, relationnel et spirituel, et font obstacle à l’expression de qui nous sommes profondément.
Quelques exemples de schéma d’adaptation :
- ne pas exprimer ses besoins
- s’occuper des autres en s’oubliant soi-même
- ne pas s’autoriser à ressentir de la colère ou du chagrin
- croire qu’on n’est pas digne d’amour
- être hyper indépendant.e, ne pas demander de l’aide
- se culpabiliser lorsqu’on prend du temps pour soi
- se croire incapable d’accomplir des projets
- …
Il s’agit donc d’explorer comment ces schémas d’adaptation s’expriment dans notre vie aujourd’hui, afin de les transformer et aller vers plus de liberté intérieure pour être dans la pleine expression de notre authenticité et construire une vie que nous souhaitons pour nous-même.
Le NARM aide à développer la conscience somatique (corporelle) et à nous orienter vers nos ressources intérieures naturellement présentes afin d’augmenter notre capacité d’auto-régulation et de régulation des affects. Il favorise également la capacité de connexion, d’intimité, d’action, de résilience, de santé, ainsi que la capacité à se mettre en lien et à se sentir vivant, vibrant et épanoui.
Trauma complexe
On parle de traumatisme complexe pour désigner un ensemble de traces qu’un vécu stressant et difficile, le plus souvent dans l’enfance, a laissé chez une personne. Il s’agit souvent des expériences où les personnes qui étaient censées s’occuper de l’enfant n’ont pas répondu à ses besoins de façon adaptée et cela de manière répétée et prolongée. Ce qui est particulier chez les traumas complexes, c’est qu’ils ne surgissent pas d’un coup, contrairement à un trauma de choc (accident de voiture, chute, intervention médicale urgente, etc.), et on ne peut pas vraiment distinguer un début ni une fin du traumatisme puisqu’il ne s’agit pas d’un événement ponctuel.
Il s’agit plutôt d’un ensemble d’attitudes, d’ambiances et de climats où l’enfant a grandi et s’est construit : contextes de maltraitance, de négligence, d’abus, de violences, de guérre, de pauvreté extrème, d’addictions, etc, ainsi que de carences affectives sous différentes formes (disputes, critiques reccurentes, exigences élevées, amour conditionnel et conditionné…).
Dans le cas d’un traumatisme complexe, la vie de la personne n’est pas forcément menacée de façon immédiate, mais le traumatisme va fortement perturber son sentiment d’identité, ainsi que sa façon de voir les autres et le monde.
De ce fait, à l’âge adulte la personne peut :
- avoir des difficultés à réguler, tolérer et exprimer ses émotions de façon adaptée
- avoir des difficultés dans ses relations : à faire confiance, à se sentir aimable et aimé.e, à s’exprimer, à poser ses limites…
- avoir une très faible estime d’elle-même et des croyances délétères vis-à-vis d’elle-même
- ressentir beaucoup de honte, de culpabilité, de haine et de rejet envers elle-même et, par conséquence, saboter ses projets de vie
Le processus thérapeutique en NARM
A partir d’une intention que vous amenez en séance, nous explorons ensemble les obstacles qui vous empêchent de vivre ce que vous souhaitez.
Ces obstacles sont souvent en lien avec votre histoire et se réactivent en séance, ainsi que dans votre vie d’aujourd’hui. C’est pour cela que nous n’avons pas besoin de revisiter votre histoire passée : il suffit d’explorer, ici et maintentant, votre façon de vous connecter à / déconnecter de vous-même, de vous ressentir, de penser, de voir les autres et le monde. Il s’agit d’une exploration aux niveaux corporel, émotionnel, mental et relationnel.
Ce à quoi cette exploration vous invite, c’est de ralentir et de permettre au flux naturel d’une émotion de se déployer et de s’exprimer dans le corps, puis de libérer la charge de cette émotion et ainsi achever son cycle. Et, si la déconnexion se passe à nouveau, d’observer à quel moment elle se remet en place, par rapport à quel sujet, quelle émotion, quelle relation, avec quelles croyances et idées sur vous-même, les autres ou le monde.
Cette exploration est guidée par la posture de curiosité : nous ne cherchons ni à juger ni à mettre une « étiquette » sur vos difficultés, mais plutôt à voir que, même si aujourd’hui elles peuvent être un frein, elles ont eu un sens dans le passé.
Lorsque vous développez la conscience de la façon dont vous vous connectez ou, au contraire, dont vous vous coupez de vous-même et de vos ressentis, ainsi que de la manière dont vos schémas anciens viennent se réactiver dans le présent, vous gagnez en liberté intérieure et en espace de choix pour faire évoluer votre vie. Vous reprenez votre vie en main en vous appuyant sur votre propre pouvoir intérieur.
